Régis Dericquebourg
Religion et santé sont intimement liées. Dans l’Antiquité grecque, les soins étaient placés sous les auspices d’Asclépios, dieu de la médecine devenu Esculape chez les Romains. Dans certaines sociétés traditionnelles, les chamans et les medecine-men, après avoir atteint l’extase par divers procédés exorcisent les patients et se rendent aux enfers pour arracher l’âme des malades aux Esprits ou aux démons. Ils la réintègrent ensuite, car la maladie est attribuée à une perte d’âme. La cure de ces thérapeutes passe donc par un contact avec le surnaturel et peut être considérée comme magico-religieuse. Les Eglises asiatiques, bouddhisme et hindouisme, proposent une extinction des souffrances et développent une médecine liée à leurs doctrines. On connaît le pèlerinage de Lourdes, les messes et les prières(1) pour les malades, ainsi que les dévotions populaires dans le catholicisme. Chez les protestants, les pasteurs peuvent faire l’imposition des mains aux personnes souffrantes. Aux marges de certaines Églises, le traitement spirituel est pris en charge par des groupes charismatiques.
Dans les chapelles orthodoxes, il n’est pas rare de voir des figurines métalliques représentant un organe, laissées en témoignage de sa guérison. Les Églises Indépendantes africaines (protestantes ou catholiques) qui ont la plus large audience sont celles qui ont créé en leur sein une fonction de thérapeute religieux, lequel est le plus souvent un sorcier converti au christianisme qui demande l’intercession de Dieu au lieu d’appeler les esprits des ancêtres(2).
