Régis Dericquebourg

Gestions religieuses de la Santé. Colloque de l’Association française de sociologie religieuse Paris 29-30 mars 1993
In Gestion Religieuses de la santé (Françoise. Lautman et Jacques Maître ed.) , Paris, L’Harmattan, p.39-59.

Religion et santé sont intimement liées. Dans l’Antiquité grecque, les soins étaient placés sous les auspices d’Asclépios, dieu de la médecine devenu Esculape chez les Romains. Dans certaines sociétés traditionnelles, les chamans et les medecine-men, après avoir atteint l’extase par divers procédés exorcisent les patients et se rendent aux enfers pour arracher l’âme des malades aux Esprits ou aux démons. Ils la réintègrent ensuite, car la maladie est attribuée à une perte d’âme. La cure de ces thérapeutes passe donc par un contact avec le surnaturel et peut être considérée comme magico-religieuse. Les Églises asiatiques, bouddhisme et hindouisme, proposent une extinction des souffrances et développent une médecine liée à leurs doctrines. On connaît le pèlerinage de Lourdes, les messes et les prières(1) pour les malades, ainsi que les dévotions populaires dans le catholicisme. Chez les protestants, les pasteurs peuvent faire l’imposition des mains aux personnes souffrantes. Aux marges de certaines Églises, le traitement spirituel est pris en charge par des groupes charismatiques.
Dans les chapelles orthodoxes, il n’est pas rare de voir des figurines métalliques représentant un organe, laissées en témoignage de sa guérison. Les Eglises Indépendantes africaines (protestantes ou catholiques) qui ont la plus large audience sont celles qui ont créé en leur sein une fonction de thérapeute religieux, lequel est le plus souvent un sorcier converti au christianisme qui demande l’intercession de Dieu au lieu d’appeler les esprits des ancêtres(2).
Toutefois dans les grandes confessions, la cure du corps n’est pas primordiale. À côté d’elles, il existe des religions minoritaires qui placent le traitement spirituel des maladies au centre de leurs croyances et de leurs pratiques pour apporter aux hommes la santé, le bonheur et une longue vie. Nous nous sommes intéressés à trois d’entre elles : l’Antoinisme, la Science Chrétienne et la Scientologie(3). Dans celles-ci la thérapie spirituelle est le phénomène le plus intrigant et parfois le plus spectaculaire. Toutefois, au-delà de ce fait, nous trouvons dans ces religions une gestion de la santé et de la vie destinée à écarter la souffrance et la détresse. Il ne s’agit pas seulement de guérir, mais aussi de ne pas tomber malade par un ensemble de moyens préventifs. Celle-ci est étroitement liée aux principes sur lesquels la cure est fondée. Aussi convient-il de les rappeler avant de voir comment ils débouchent sur une prévention. Nous ferons ensuite quelques remarques à propos de cette dernière. Voulant nous placer au plan d’un survol, nous avons évité les citations de témoignages de fidèles. Elle seront rapportées dans un travail plus monographique.

Le traitement spirituel dans trois religions de guérison

L’antoinisme repose sur la conception dualiste et idéaliste d’un univers mû par le fluide qui évoque le mana des sociétés traditionnelles. La cosmogonie antoiniste comporte deux mondes : l’un, matériel, fruit de l’imagination (l’intelligence trompeuse) ou monde des Incarnés, régi par les lois de la nature, l’autre, spirituel, monde des non-incarnés, soumis à la loi de dieu ou loi de conscience. L’être humain a une personnalité double : à côté du moi conscient ou moi réel, siège le moi intelligent qui représente les fonctions intellectuelles, en particulier l’imagination et la perception. Les pensées sont des fluides qui se répandent autour de nous pour former une atmosphère fluidique, celle-ci est éthérée quand elles portent l’empreinte de l’amour et épaisse dans le cas contraire. Le mal n’est pas réel, car il n’a pas sa place en Dieu, nous souffrons de l’imagination. Les désordres physiques sont la conséquence des « plaies de l’âme ». Celles-ci ont deux sources : la croyance que le mal existe en soi, erreur fondamentale qui trouve son origine dans la perte de la foi au profit du doute et dans les fautes (actes contraires à la loi de conscience) commises pendant cette vie ou dans des vies antérieures et dont nous payons les conséquences en nous infligeant des épreuves. Comme nous doutons et que nous supportons le poids des vies antérieures, nous passons nécessairement par la condition de l’animal malade ». On guérit en se libérant des erreurs, notamment de la croyance en l’existence du mal et de la matière, par le travail moral. Celui-ci consiste à analyser ses pensées pour distinguer les idées régressives des idées progressives(4). On guérit aussi en priant pour recevoir un fluide d’amour qui panse les « plaies de l’âme ». Le guérisseur antoiniste apporte ce fluide au patient pour régénérer son être et pour restaurer sa foi. La souffrance peut donc être à l’origine d’un travail spirituel qui la fait disparaître et qui fait progresser l’homme dans le cycle des réincarnations. Incidemment, Louis Antoine affirme que les troubles physiques proviennent aussi de la dénaturation des aliments imposés par notre goût croissant pour les nourritures raffinées.
Dans la Science Chrétienne, le procès est différent. La découverte du traitement spirituel a été faite par Mary Baker Eddy, la fondatrice (1821-1910). Cette dernière, paralysée à la suite d’une chute sur le verglas, se relève en méditant sur la guérison du paralytique par le Christ (Matthieu 9, 1-8). Cette guérison par la méditation biblique, qui a eu lieu le 4 février 1866, est le prototype de la cure « scientiste chrétienne ». Auparavant, pour soigner une santé fragile, la prophétesse de Boston avait essayé divers traitements comme le mesmérisme et l’homéopathie — qu’elle condamna par la suite — qui l’avaient convaincue du rôle prépondérant de la foi du patient dans le remède. Pour expliquer sa guérison, Mary Baker Eddy développe un système religieux et métaphysique qui repose sur les principes suivants(5).

(1) L’univers est immatériel. Il y a ni vie, ni vérité, ni intelligence dans la matière. Celle-ci n’est qu’une illusion des sens et elle n’a pas de pouvoir. Tout est esprit infini. L’homme, créé à l’image de lieu, ne peut pas être matériel ; il est nécessairement spirituel : il est une idée divine. Un homme de matière serait une contrefaçon de l’image de Dieu. Étant de nature divine, il ne peut pas tomber malade, ni mourir. Croire le contraire est une « pensée mortelle ». C’est l’imagination qui nous fait croire que la créature est composée d’un cerveau, de sang, d’os et d’éléments physiques. Nous sortons de cette illusion dans la mesure où nous comprenons et manifestons la vraie nature de Dieu.
(2) L’univers est gouverné par Dieu en même temps qu’il est Dieu. Celui-ci est appelé Principe Divin ou Entendement, Esprit infini, Ame, Vérité, Amour Incorporel. Il est omniscient, omnipotent et toujours présent en l’homme. Il ne peut être l’auteur du mal.
(3) Jésus-Christ fut à la foi un homme et une manifestation de Dieu. En guérissant les malades et en ressuscitant les défunts, il a montré qu’on pouvait triompher de la maladie et de la mort en parvenant à l’accord parfait avec Dieu. Son exemple prouve que l’on peut soumettre le corps et la matière à la loi divine.
(4) Les sens physiques nous trompent. Ce sont les voies et les instruments de l’erreur humaine. Il nous font croire que la matière est réelle et que la vie et l’intelligence proviennent de l’union d’un corps avec un esprit.
(5) Le mal (corporel ou moral) est comme le mirage du désert : il semble exister, mais il n’existe pas dans la réalité divine. Il paraît réel à la conscience déformée. La maladie, les calamités, les maux de toutes sortes sont les manifestations de fausses pensées conscientes ou inconscientes. La cause de toute maladie est donc mentale au sens où elle résulte d’une « croyance mortelle », de la conviction erronée qu’on peut tomber malade. Pour s’affranchir des maux visibles, il faut démasquer et corriger l’idée fausse qui les a produits.
(6) La mort n’existe pas puisque l’homme qui reflète Dieu ne peut être mortel. En Science Chrétienne, on parle de « soi-disant mort ». Celle-ci disparaîtra complètement quand l’humanité aura compris qu’elle n’est qu’une illusion.
(7) La guérison est obtenue par une transformation de la conscience. Les désordres de quelque nature qu’ils soient étant des pensées, il faut l’en détourner et la diriger vers lieu. Il faut « éprouver » que l’homme ressemble à Dieu et en acquérir la conviction. Il ne s’agit donc pas d’un simple exercice intellectuel, d’une manipulation psychologique du praticien du type « vous n’êtes pas malade ». C’est une expérience mystique qui conduit à ressentir la présence divine à l’intérieur de soi. Dès lors, on ne parle pas ou presque pas des symptômes aux praticiens. Par la prière, ces derniers aident à trouver les mobiles profonds (« les erreurs cachées » : craintes, haines, croyances inconscientes) des désordres physiques qui entravent la communion parfaite avec l’Eternel. La guérison ne se réduit pas à une disparition des problèmes de santé. Lorsqu’elle est définitivement acquise, elle indique que le patient a accompli une nouvelle naissance par une transfiguration au cours de laquelle il a éprouvé sa nature divine et il a triomphé de l’erreur. Cette conviction qu’on peut exercer une emprise spirituelle sur le corps doit remplacer certaines pratiques médicales. Mary Baker Eddy appelle « chimicalisation » le passage de « l’état mental matériel » à « l’état mental divin ». Cette expérience n’est pas réservée à ceux qui ont la foi ; les athées peuvent aussi la faire. Dans cette perspective toute précaution de santé, toute médecine deviennent inutiles voire néfastes, car elles reposent sur la croyance en la maladie.
8) Le traitement spirituel est fondé sur la prière. Prier consiste à unir silencieusement la conscience (et l’inconscient) au principe divin pour ressentir que l’homme et Dieu ne font qu’un. La prière doit s’accompagner du désir de voir nos voeux s’accomplir à condition que ceux-ci soient spirituellement élevés. À la différence de l’antoinisme, il n’y pas de transmission d’un fluide curatif.
La doctrine scientologique est plus complexe. Nous nous en tiendrons aux éléments en rapport avec le traitement qu’on peut appeler « cure par la réminiscence ». Le fondateur, Ron Hubbard (1911-1986) renoue avec la thèse des Esprits primordiaux. Il affirme qu’avant la naissance de l’univers, il existait des esprits appelés thétans. C’étaient des êtres immatériels, sans masse, sans limites temporelles, n’occupant aucun espace, omniscients, omnipotents, indestructibles, immortels et capables de créer toute chose. Oisifs, ils souffraient de leur propre immortalité. Pour se distraire, ces entités impalpables décidèrent de créer l’univers. En faisant cela, ils se prirent à leur propre piège et ils s’engluèrent dans leur création — et plus particulièrement dans l’homme — c’est-à-dire dans le temps, dans l’espace, dans l’énergie, dans la matière, allant même jusqu’à oublier qu’ils en étaient les créateurs. De ce fait, ils perdirent leur puissance et leur omniscience et, pour ce qui ce nous concerne, ils sont devenus des hommes vulnérables. Depuis, ils se réincarnent. Une libération doit mettre fin à la succession des incorporations. Aujourd’hui, les thétans ont oublié leur véritable identité spirituelle et ils croient être des corps humains. L’homme a donc une origine spirituelle : il est à la fois, un corps, un psychisme et un thétan. La Scientologie veut rapprocher l’homme de l’état de thétan originel. La voie spirituelle est l’audition dianétique. Celle-ci a pour but de retrouver tous les événements de la vie présente ainsi que toutes les vies antérieures — sur la piste du temps. Parmi les faits retrouvés, les plus intéressants sont les épisodes traumatisants auxquels est aliénée une quantité d’énergie qui réduit les capacités, car elle entrave l’action et la pensée rationnelles(6). Le travail de remémoration de ces événements et leur parcours(7) libère, par l’abréaction, l’énergie liée aux incidents qui se trouve ainsi disponible. Il s’ensuit un sentiment de bien-être. On peut comparer cela au soulagement de la conscience et à la possibilité de faire de nouveaux investissements après un travail de deuil tel qu’il est décrit dans la psychanalyse. D’autre part, les incidents du passé sont considérés comme la source de maladies physiques ou psychiques. Leur reconnaissance et le travail qu’on opère sur eux les effacent. Par exemple, une personne qui éprouve de l’angoisse retrouvera peut-être pendant l’audition qu’elle a été étranglée dans une vie antérieure. En parcourant l’incident traumatique, elle se libérera de l’angoisse qui a accompagné l’événement passé. (Cf. cas en annexes). Ailleurs, j’ai comparé la Dianétique à une sorte de psychothérapie par le rêve éveillé dirigé, à ceci près que l’évocation de vies antérieures n’est pas considérée comme un fantasme à interpréter mais comme le souvenir d’un fait réel. On ne peut s’empêcher d’évoquer à ce propos la construction d’un mythe personnel dans la cure dont parle Levi-Strauss dans son Anthropologie structurale .

Au plan de la thérapie, ces trois religions présentent des points communs : 1) Tous les fondateurs font état d’une expérience de la maladie qui a été le point de départ d’une recherche ayant abouti à une guérison. Leur expérience peut être refaite par d’autres ; 2) Le traitement repose sur plusieurs éléments communs à toute forme de thérapie psychologique : une demande provoquée par une souffrance ou une détresse, une relation teintée d’espoir (ou d’ « attente anxieuse ») avec un thérapeute reconnu par un groupe, une théorie de la maladie et du traitement qui ne peut être mise en cause par l’échec éventuel de la thérapie, une valorisation du patient et la mise en place de nouvelles conduites et de nouvelles attitudes sociales. Il faut y ajouter une dette envers le mouvement qui se traduit par une gratitude et parfois par un désir de s’engager dans la vie du groupe.

Les modes de prévention de la maladie

Si dans les religions que je viens d’évoquer, on guérit, on constate que l’on s’efforce avant tout de ne pas tomber malade(8). La guérison spirituelle est en quelque sorte une expérience-pic qui ne doit pas cacher l’ascèse permanente à laquelle se livrent les fidèles pour maintenir un état permanent de santé et de bonheur.
La prévention antoiniste se caractérise par la confiance en l’esprit du Père et par la captation permanente de son fluide bienfaisant. Dans la pratique collective, le fluide est répandu dans le temple chaque jour lors de l’opération générale. Dans la pratique privée ceux qui ne peuvent assister au service religieux s’y associent en pensée à l’heure où il se tient. D’autre part, chaque jour comporte des temps forts pendant lesquels le fidèle s’unit silencieusement en prière à Dieu ou au Père Antoine. L’antoiniste se forge un état d’esprit permanent. Il s’efforce de ne pas avoir la « vue du mal » qui est la perception de 1′ immoralité et de la matérialité du monde. Il analyse ses pensées pour écarter celles qui sont régressives, c’est-à-dire celles qui le confortent dans l’illusion de la matérialité du monde, de l’existence de la maladie et du mal. Dans l’antoinisme français, il se rappelle le plus souvent possible le fondateur et sa compagne en affichant dans les endroits qu’il fréquente (automobile, habitation…) leurs photographies. Enfin, si cela lui est possible, il assiste à la lecture de l’Enseignement du Père, le soir à 19 heures. On pourrait appeler ceci l’expérience de la co-présence du fondateur, lequel est quasiment divinisé.
Le style de vie du « scientiste chrétien » est marqué en grande partie par l’évitement de la maladie. La pratique privée passe par l’expérience permanente de l’immatérialité et de la co-présence de Dieu qui doit devenir un état habituel. Cet habitus est renforcé par la prière qui est une union silencieuse à Dieu et par une lecture quotidienne de Science et santé et de la Bible conçue comme une lectio divina. La pratique collective a lieu lors du service religieux du dimanche et lors de l’assistance aux réunions de témoignages de guérison. Ces pratiques donnent aux fidèles la conviction d’être le reflet de Dieu auquel la maladie est étrangère. D’autre part, les fidèles s’abstiennent de consommer de l’alcool, du tabac ou des excitants qui engendrent une dépendance vis-à-vis de la matière et qui pourraient faire retomber dans une conception matérielle de l’univers. De même, ils doivent éviter de parler de, la maladie ou d’en prendre connaissance pour ne pas tomber dans l’illusion de la réalité du mal.
En Scientologie, l’audition dianétique produit deux choses : 1) par l’exploration du passé, elle procure rapidement à l’adepte la conviction qu’il est un esprit tout-puissant incarné limité par sa condition d’homme, 2) l’effacement des engrammes conduit à l’état de « clair »(9). La « clarification » aurait deux conséquences ; la première est curative, la seconde est préventive, car elle élimine les risques de maladie et les risques d’accident. Pour Ron Hubbard, « une maladie se divise techniquement en trois phases : la prédisposition, la précipitation, et la perpétuation. Dans un premier temps, l’engramme reçu prédispose à la maladie une partie du corps.
Par la suite, chaque fois que l’engramme est restimulé, il déclenche (précipite) la maladie. Finalement, comme il est continuellement restimulé à cause de la douleur, la maladie se perpétue »(10). Il en va de même pour les accidents : certains engrammes y prédisposent, « ils peuvent ordonner à un individu de se blesser ou de blesser quelqu’un d’autre » ( l’exemple en annexe).
Il s’ensuit que Ron Hubbard conçoit une Dianétique préventive qu’il définit de la manière suivante : branche de la dianétique dont l’objectif est de « limiter au maximun le contenu des engrammes ou, quand c’est possible, en empêcher totalement la formation, et de ce fait améliorer grandement la santé mentale, le bien-être physique et la vie sociale »(11). La dianétique préventive est préconisée dans l’accouchement : Ron Eubbard recommande une naissance sans violence donc sans engrammes, comme l’a fait Leboyer. Il souhaite le silence absolu pendant les opérations chirurgicales afin de ne pas installer d’injonctions inconscientes chez l’opéré. En second lieu, l’élimination des engrammes produit une régénération de l’être. Celle-ci se traduit par un accroissement de la force vitale, par une capacité plus grande à survivre, par un sentiment de puissance et par une efficacité accrue dans le monde qu’on peut chiffrer sur une échelle des tons(12). Le scientologue maintient cet état grâce à l’usage de vitamines et en évitant une condition que Ron Hubbard nomme « source potentielle d’ennuis » ( Potential trouble source, ou en sigle : PTS). La source potentielle d’ennuis est une personne qui est d’une façon ou d’une autre en relation avec une personne suppressive et dont elle subit la mauvaise influence. Elle est appelée ainsi parce qu’elle peut créer beaucoup d’ennuis à elle-même et aux autres(13). Le signe pathognomonique de cette condition est l’oscillation thymique (avoir des « hauts et des bas »), mais Ron Hubbard dit aussi que l’on peut rapprocher son état de celui du « stress » décrit en médecine. La personne suppressive ou personne antisociale est un individu « qui cherche à opprimer ou à écraser n’importe quel groupe ou activité vouée à l’amélioration ». Un suppressif est toujours une personne, ou un groupe de personnes. Ce n’est pas une condition ou un problème que rencontre celui qui souffre. Une personne peut ne pas être pas suppressive en elle-même ; elle peut l’être parce qu’elle rappelle une personne qui a opprimé antérieurement le plaignant. Le fondateur de la Scientologie ajoute que « c’est le genre de personne dont le comportement est calculé pour provoquer des catastrophes ». Une personne suppressive peut être imaginaire.
Au plan de la santé ou du bonheur : 1) « toutes les maladies, à un certain degré, et tous les désastres dus à des impairs proviennent uniquement et directement d’une condition PTS ; 2) Pour éliminer cette condition, il faut découvrir source de la condition PTS, résoudre la situation ou rompre les liens avec elle. La prévention passe donc par un travail d’analyse personnelle qui aboutit à une hygiène sociale. La personne suppressive n’est pas toujours facile à découvrir, c’est parfois la personne de l’entourage que l’on soupçonnerait le moins. En dehors du cas extrême de la rupture avec elle grâce à un changement de milieu, le scientologue annule les effets néfastes qu’elle produit par la « relation positive » par exemple, en ne répondant qu’aux éléments plaisants de son discours, ce qu’il appelle la technique : « il fait beau, tout bien ». Pour Ron Hubbard, on ne subit la personne suppressive que parce qu’on y est prédisposé. Un travail personnel d’audition dianétique est censé, permettre de travailler sur cette prédisposition. Un autre moyen de sortir de la condition PTS (par exemple à 1’occasion d’un rhume ou d’un accident) consiste en un examen de conscience qui peut conduire le scientologue à repérer dans son passé immédiat une transgression de l’éthique(14). Dans ce cas, il remet une sorte de confession à la section d’éthique qui peut en discuter avec lui à moins qu’il ne fasse cette recherche avec un coreligionnaire. Le scientologue peut aussi recourir au programme de purification qui vise à rendre « l’esprit clair dans un corps pur ». Le principe de la purification consiste à expulser du corps toutes les toxines qui affaiblissent le corps. Celles-ci proviennent de l’usage de médicaments, de drogues ou de l’exposition aux radiations nucléaires dont l’atmosphère serait chargée. Il consiste en séances de sauna accompagnées de course à pied, d’absorption de vitamines en grande quantité et d’huile ; celle-ci est destinée à remplacer les graisses chargées de toxines qui disparaissent pendant les séances de sauna. Le but du programme est de purifier le « terrain » pour le rendre plus résistant, mais aussi pour rendre l’esprit plus clair en éliminant les résidus de médicaments (sédatifs, somnifères) et de drogues éventuelles qui empêchent le cerveau de travailler au mieux de ses capacités. On retrouve cette forme de purification par le nettoyage des organes dans certaines ascèses spirituelles hindouistes sous d’autres formes (jeûne, lavage du tube digestif).
Enfin, en cas d’accident ou de chute, le scientologue recourt aux « assists »(15) pour éviter leurs conséquences. Ron Hubbard ne considère pas les assists comme un traitement. Toutefois, ils peuvent favoriser un traitement prescrit par un médecin ainsi que la cure dianétique en faisant sortir l’individu de l’état de choc et en le mettant dans une meilleure condition mentale. Ils agissent en quelque sorte comme adjuvants. Ils peuvent aussi éviter d’installer un état prédisposant à la maladie. Ils sont alors préventifs. Ce sont des attouchements qui ont pour but de remettre en circulation l’énergie nerveuse qui est restée bloquée au point de douleur provoqué par l’accident. L’assist doit soulager la douleur, élargir le champ de conscience qui s’est rétréci à l’organe douloureux. C’est aussi la répétition d’un incident. Par exemple, quand un enfant, dans un moment d’énervement, tombe, se fait mal et pleure, le scientologue l’invitera à reproduire calmement la scène de la chute pour qu’il comprenne ce qui s’est passé et pour qu’il se libère des charges émotionnelles qui découlent de l’événement. Ron Hubbard insiste sur le fait que ces assists agissent sur l’esprit et par conséquent sur la santé puisque la maladie ne frappe que des personnes dont le mental ne sait pas la contrer. Le fondateur de la Scientologie la considère comme une méthode pastorale dans la mesure où le ministre du culte doit soulager les maux au même titre qu’ un pasteur peut tenter l’imposition des mains sur un patient pour le soulager ou qu’un prêtre peut donner l’onction des malades(16).
Ron Hubbard étend la prévention à la société. Dans sa Dianétique préventive, il souhaite que sa méthode soit employée dans les prisons pour éviter les récidives et qu’elle soit appliquée à tous les hommes qui ont des responsabilités afin que leur conduite ne soit pas guidée par des engrammes et soit rationnelle. C’est ce qu’il appelle le « pont vers le futur ».

L’hygiène de vie

Bien qu’elle ne dérive pas de la doctrine religieuse, les religions de guérisons proposent une hygiène de vie qui prévient la maladie. Le fondateur de l’antoinisme critiquait la consommation de mets raffinés qui affaiblissent le corps. Il en résulte que les antoinistes consomment des aliments sains, mais sans plus. La Science Chrétienne ne préconise pas de régime particulier pour la santé, car les poisons ne sont pas réels et ne peuvent pas nuire à l’homme en tant que reflet de Dieu. Toutefois, ils ne consomment pas d’alcool, ne fument pas et ne prennent pas d’excitants ou de drogues afin de ne pas avoir l’illusion d’être dépendants de substances matérielles qui les ferait croire à la matérialité de l’univers. L’abstinence n’est donc pas une hygiène de vie centrée directement sur la santé. Toutefois, elle ne peut être que bénéfique comme on l’a constaté chez les mormons qui la pratiquent également, puisque ces derniers ont une plus grande longévité et moins de maladies que les non-mormons vivant dans les mêmes conditions. Enfin, chez les scientologues, l’hygiène se traduit par l’absorption quotidienne de vitamines en grande quantité, de cal-mag (un mélange de calcium et de magnésium) et par une demi-heure de course à pied chaque jour. Ron Hubbard, inquiet de l’accumulation de substances radioactives dans l’atmosphère provoquée par les essais nucléaires et des conséquences que cela avait au plan de la santé, préconisait, outre l’arrêt de ces expériences difficile à obtenir, de se prémunir contre les radiations par la consommation quotidienne d’une potion faite de vitamines (acide nicotinique, B1, B2), de gluconate de fer, de phosphate de dicalcium qui pourrait immuniser contre les petites doses de radiation(17).

Quelques réflexions sur la prévention dans les religions à vocation thérapeutique

L’expose que nous venons de faire appelle quelques remarques sur les mécanismes psychologiques que met en œuvre la prévention, sur la signification de la santé et sur le type de spiritualité dans les religions de guérison.

Les mécanismes psychologiques

Dans la prévention proposée par les mouvements religieux spirituels, on trouve l’évitement, et la concentration. Le fidèle doit écarter certaines croyances comme celle de la réalité de la maladie et du corps dans les deux premières. Les Scientistes chrétiens s’abstiennent de parler de la maladie et de la mort (qu’ils évoquent avec des périphrases). Ils évitent aussi de lire des articles médicaux ou d’écouter des émissions médicales, ce qui n’est pas facile, car le discours médical est largement répandu, de même que la plainte sur les troubles physiques ou psychiques qui émaillent les conversations quotidiennes quand elle ne les remplit pas(18). Cela se passe comme s’ils voulaient parvenir à une fermeture des sens sur tout ce qui concerne le corps, le psychisme et leurs troubles à partir d’une volonté. Le but est de parvenir à appréhender le monde tel qu’il est supposé être réellement : sans maladies et sans malheurs. Cette saisie d’un monde immatériel et sans affres va à l’encontre de la perception quotidienne du profane. Elle nécessite une mobilisation de l’esprit, une concentration typique de certaines ascèses. La concentration vise à établir un état d’esprit permanent qui renverse la saisie habituelle du monde : le réel de l’homme profane est situé du côté de l’imagination, tandis que ce qui est vu comme une création mentale par l’homme ordinaire est posé comme la seule réalité. Le fidèle se concentre sur le fait d’être immatériel et co-présent avec Dieu (Science Chrétienne), d’être immatériel et dans le fluide bien-faisant du Père (Antoinisme). Notons au passage que la concentration de la pensée est considérée par Max Weber comme un des moyens d’atteindre l’illumination mystique(19). Le travail intellectuel permanent qui est exigé empêche que ces mouvements religieux deviennent des religions de masse. Il suppose une certaine virtuosité religieuse, même si dans l’antoinisme certains « clients » s’adressent aux guérisseurs de manière sporadique pour obtenir une intercession (mais ceux-là sont-ils des antoinistes ?).

La santé, un état extra-ordinaire

Pour les adeptes des religions de guérison, la pathologie est l’état normal de l’homme qui vit dans l’erreur ou qui n’a pas encore effacé les événements qui déterminent sa souffrance (Scientologie). La santé permanente ne peut être atteinte que grâce à la méthode de régénération qu’ils proposent. Celle-ci est un cheminement qui produit une compréhension nouvelle, une sorte d’illumination qui transforme le patient. Il s’agit d’une expérience mystique au sens où le patient éprouve sa condition d’être surnaturel. Il en ressent un soulagement et une joie. L’expérience de type extatique intense ne dure pas, elle se transforme en un habitus qui est plus qu’un bien-être. Il est, la douce euphorie de l’homme en communion avec Dieu, ce qui est différent de l’absence de maladie. On peut parler de la santé comme d’un état de grâce. On rejoint ici la remarque de Max Weber à propos des voies de salut selon laquelle « le non divin, c’est avant tout l’habitus quotidien du corps humain ainsi que le monde du quotidien tel qu’il est enseigné par la nature. » (20)

La connaissance d’une autre réalité

Toutes les religions de guérison ont un enseignement. Celui-ci peut-être une voie d’entrée dans la cure. Certains prétendent avoir été guéris en lisant Science et Santé, d’autres viennent à la Scientologie après avoir lu des ouvrages de Ron Hubbard. Même quand il rencontre la guérison sans formation préalable, le patient qui s’attache à son traitement spirituel est invité à lire (ou à écouter dans l’Antoinisme) l’enseignement du fondateur. Celui-ci propose une vision du cosmos, une –autre compréhension du monde, qui explique le sens de la cure ef fait sortir le patient du chaos de « l’incompréhension ». La croyance en un monde sans maladie ne va pas de soi. Dans son étude sur la représentation de la maladie(21), C. Herzlich a constaté que la population ne pense pas qu’un monde sans maladie puisse exister. Nous vivons en effet avec la conviction que la maladie fait partie intégrante de la société Anne-Cécile Bégot(22) souligne à juste titre que l’acquisition de l’idée d’un monde sans maladie relève de la socialisation secondaire telle que l’entendent Berger et Luckman.

La passion de la santé

Quand la guérison par la foi se produit, le consultant part satisfait et peut ne revenir qu’à une occasion suivante. On rencontre ces consultants occasionnels dans les trois religions qui nous préoccupent ici, plus particulièrement dans l’antoinisme, Il s’agit de personnes qui utilisent la religion comme on s’adresse à des saints guérisseurs ou à un médecin. Ils ne peuvent être considérés comme des adeptes. Mais souvent, le patient satisfait se fidélise, a fortiori si le traitement s’étale dans le temps. Dans tous les cas on insiste sur le fait que le bénéfice obtenu doit être conservé en gardant un lien avec le mouvement religieux. On assiste alors à une conversion qui doit procurer « bonheur et longue vie ». Pour l’adepte des religions à vocation thérapeutique, la santé qui symbolise la régénération de l’être et la rencontre avec une autre réalité est un état de grâce qui doit être maintenu. Elle manifeste la condition de l’homme en manque de surnaturel et doit donc être maintenue par une ascèse quotidienne. Tomber malade est le signe d’un relâchement dans la foi. C’est dans le maintien de cet état qu’il faut voir la prévention, bien que quelques recettes puissent être données – même aux profanes. De la même façon que l’on a pu dire que la maladie était la passion de l’hypocondriaque, on peut dire que la santé est la passion des fidèles des religions de guérison. Dans les faits, elle se traduit par un style de vie.

Le refus des limites

Pour le physiologiste, par cause endogène ou par cause exogène, le corps tombe malade de temps en temps, vieillit et meurt. La maladie affecte l’homme puisqu’elle fait vaciller son idéal de puissance. La psychanalyse, si elle peut guérir certains symptômes d’origine psychique, est surtout censée aider l’analysant à se confronter à la réalité des limites de la condition humaine et à ne pas en être trop attristé. Les religions de guérison ne semblent pas accepter la limitation de l’humain dans le domaine de la santé. Le mal – et même la mort dans une certaine perspective – n’existent pas dans la condition spirituelle qui est celle de l’être régénéré. La prévention qui maintient l’état de régénération traduit ce refus des limites et se trouve donc au service d’un idéal de puissance.

L’idéologie de la maîtrise

Refuser que la maladie ou l’infortune jalonne le cours de l’existence rappelle la pratique médicale des vaccinations et de toutes sortes de préventions fondées sur une idéologie de la maîtrise totale de la vie qui rend celle-ci extraordinaire. Si nous cherchons la cause profonde à cette attitude, nous sommes conduits à Freud. Celui-ci propose une expression(23) traduite en anglais par « instinct to master » et en français par « pulsion d’emprise » qui dans une certaine interprétation rend compte de la volonté d’exercer une domination sur le corps et sur le sort. Sans développer davantage — car il s’agit pour l’instant d’une réflexion en cours à partir de l’ouvrage de Paul Denis : Emprise et théorie des pulsions(24) où l’auteur met en perspective les textes freudiens sur la question et envisage la place de cette notion dans la métapsychologie – nous faisons l’hypothèse que les religions de guérison relèvent d’une idéologie de la maîtrise de la vie qui prend sa source dans la pulsion d’emprise.

Attribution causale interne

Les religions de guérison ont en commun de fixer la cause de la maladie et de l’infortune en soi. Cela les distingue des systèmes de la sorcellerie où le malheur est attribué à un être malveillant(25). Dans les religions à vocation thérapeutiques, la cause s’appelle : ignorance, manquement à l’éthique, manque de confiance en Dieu, place laissée a « l’entendement mortel », absence d’examen de conscience. Les causes extérieures n’existent pas ou n’existent que dans la mesure où nous les tenons pour réelles – ou comme chez les scientologues, elles n’ont prise que parce que la personne ne sais pas les « manier ». Il semble donc que l’adepte soit invité à faire une attribution causale interne des maux qui l’accablent selon le terme que la psychologie sociale donne à la désignation des causes de l’échec et du malheur. Or, la tendance « naturelle » est d’attribuer l’origine de nos vicissitudes à des agents extérieurs. De ce point de vue le fidèle est invité à opérer un renversement de perspective.

La santé témoigne de la validité de la croyance

Pour les fidèles de religion de guérison, la santé maintenue par l’ascèse quotidienne démontre que sa croyance est valide puisqu’elle produit un mieux-être. On peut dire qu’elle confirme la vision du cosmos au sens que Weber donne au mot confirmation quand il traite des prolongements de l’éthique protestante dans le monde(26). La confirmation s’inscrit aussi dans le lien social. Aux yeux des coreligionnaires les maladies ou le malheur révèlent que le fidèle doit encore travailler à sa régénération. On ne peut imaginer un « scientiste chrétien », un antoiniste ou un scientologue qui resterait malade. L’état valétudinaire serait le signe d’un relâchement dans la foi. La fréquentation du mouvement favorise un habitus de sentiment qui maintient l’ascèse quotidienne faite en vue de garder la santé. Vis-à-vis des profanes, la santé témoigne de façon permanente que l’on a compris les lois cosmiques et que l’on sait les appliquer. Elle est censée prouver aux profanes la validité de la croyance. « La Scientologie ça marche ! » proclament les scientologues. Chez les « scientistes chrétiens » comme chez les antoinistes, c’est la preuve permanente de l’existence de Dieu. Les conversations à visé prosélyte sont émaillées de références aux acquis de la foi.

L’oscillation expérience mystique / éducation

Si la guérison dans le traitement spirituel est un temps fort de rencontre avec une réalité surnaturelle, une expérience mystique, la prévention est une ascèce quotidienne acquise par une formation religieuse que nous avons qualifié plus haut avec Anne-Cécile ï gigot de socialisation secondaire. Celle-ci passe pai• l’acquisition d’un sav ir partagé par le groupe. Par divers moyens (rencontres, témoignages…), la communauté de disciples permet au fidèle de conserver un habitus de sentiment, une conception de l’univers et surtout des pratiques préventives qui favorisent le maintien de la santé et l’incitent en cas de besoin à recourir au traitement spirituel.

La gestion de l’échec

En dépit de la prévention et de la cure spirituelle, la mort est au rendez-vous, même si elle n’est pas considérée comme réelle chez les « scientistes chrétiens ». Pour les scientologues, on lâche prise, c’est-à-dire que l’on abandonne ce corps pour un autre. Chez les antoinistes, l’homme se réincarne également. Les fidèles confrontés à la perte de l’un des leurs doivent trouver une explication. C’est le temps de la rationalisation. Des antoinistes qui avaient vu disparaître une des leurs après une maladie grave et normalement douloureuse nous ont dit qu’elle était morte sans souffrances. Nous avons recueilli une parole identique chez une « scientiste chrétienne ». La prévention est ainsi justifiée.

Conclusions

Les religions à vocation thérapeutique ne se limitent pas à l’expérence-pic de la guérison. La prévention est aussi présente. Celle-ci suppose la mise à l’œuvre de mécanismes psychologiques, mais aussi l’acquisition d’une conception du monde, d’une Weltanschauung au sens, que lui donne Freud, c’est-à-dire « une construction intellectuelle qui résout de façon homogène tous les problèmes de notre existence à partir d’une hypothèse qui commande tout, où, par conséquent, aucun soient restimulées artificiellement et intensifiées au point que le préclair dut se rappeler l’incident pour trouver un soulagement. Huit prénatals furent alors mis à jour ; il n’y avait que deux incidents mélangés l’un à l’autre, maintenus ensemble par une somatique à la tête.
Le basique s’avéra être une tentative d’avortement concertée par le père et la mère (…). Dix-huit pénétrations de la tête, de la gorge et des épaules avec une longue baguette, probablement au cours du troisième mois. (…) Un autre incident s’avéra être un basique sans chaîne avec des locks innombrables : une tentative d’avortement par un avorteur professionnel qui utilisait une sorte d’aiguille et de curette. La naissance fut une expérience facile. Trois engrammes de la petite enfance avec leur propre basique furent découverts. Ils consistaient en une peur de la mère concernant le traumatisme et la peur que le bébé ne meure. (…) Tous les symptômes névrotiques et psychotiques furent apaisés. La santé du préclair s’améliora considérablement et le test « Army Alpha » accusa une hausse de vingt-sept points. Durée du travail : 65 heures. Ron Hubbard : La thèse originelle dianétique, Copenhague, New Era, 1979, (1ère ed. 1951), pp. 159-161.
Engramme prédisposant aux accidents : »Je me souviens d’un de nos préclairs qui s’était grièvement blessé à la main trois fois dans la même semaine « sans le faire exprès ». Nous avons localisé, puis réduit l’engramme et le préclair se s’est plus jamais blessé à la main. (…) Un engramme contenant la phrase « il faut que je me fasse mal » sera appliqué à la lettre par l’individu. » Ron Hubbard : Science de la survie, polycopié, 1951,p. 25.
But : « Un auditeur ne cherche pas à guérir quoi que ce soit. Il cherche uniquement à élever le ton de la personne. Lorsqu’il y est parvenu, il est courant que des maladies psychosomatiques et des aberrations disparaissent, mais ce n’était pas le but recherché ; ça s’est produit dans la foulée ». Notre objectif est de rendre les être humains plus heureux, plus efficaces, plus aptes à accepter des responsabilités et à aider leurs semblables. Que vous ayez retrouvé la santé physique sans jamais rechuter, après vous être fait auditer, tant mieux. « Mais considérez cela comme un bonus. » Idem, p. 10.
But : les objectifs de l’audition dianétique sont représentés sur une échelle graduée. En fait, il s’agit aussi d’une « échelle de la santé d’esprit », car il y a une relation directe entre la quantité de force vitale (ou theta) dont l’individu dispose pour sa survie et la quantité de santé d’esprit qu’il manifeste. Toute perturbation de la force vitale réduit non seulement sa santé d’esprit mais aussi son niveau de survie. L’espérance de vie de l’individu est proportionnelle à son bien-être physique (absence de facteurs qui le prédisposent à la maladie) et à son bien-être moral. Autrement dit, l’audition dianétique a pour objectif d’accroître l’aptitude à survivre de l’individu, ainsi que sa santé d’esprit (ou sa faculté de raisonner), son bien-être physique et son goût pour l’existence ». Idem p. 12.
Convalescence : « la tâche de l’auditeur, c’est d’écourter les périodes de convalescence, d’accélérer la guérison des mesures et surtout, de faire monter les gens à un niveau de l’échelle des tons où ils ne seront victimes d’un accident ou de la maladie que très rarement » Idem, p. 27.
Plaisir : La dianétique améliore « la survie de l’individu en lui fournissant des outils, des conditions et des raisons meilleures pour survivre. Essentiellement, elles élèvent son niveau de ton. La récompense de la survie est le plaisir. » Idem, p. 14.

(1) Cf le décret pontifical portant connaissance d’un miracle attribué au Vénérable Serviteur de Dieu Josemaria Escriva de Balaguer du 6 juillet 1991. Il relate la guérison d’une religieuse atteinte d’une lipocalcinogranulatose à caractère tumoral accompagnée d’un état cachectique chez un patient souffrant d’un ulcère gastrique et d’une hernie hiatale, compliquée par une grave anémie hypochrome à la suite de prières d’intercession.

(2) Gerhardus C. Oosthuizen : The Healer-prophet in Afro-Christian Churches, Leinden, E.J. Brill, 1992.

(3) Régis Dericquebourg : Religions de guérison, Paris, Cerf, 1988.

(4) Les idées régressives sont issues de la croyance à la réalité du mal. Les idées progressives triomphent de l’imagination du mal et font avancer vers la fin des incarnations.

(5) Mary Baker Eddy : Science et Santé avec la Clef des Ecritures, Boston, Mass. Première Eglise du Christ, Scientiste, 1978.

(6) Cet événement chargé d’une forme émotionnelle inadéquate s’appelle un engramme. Celui-ci est l’enregistrement inconscient d’une parole qui agit comme une injonction.

(7) Le parcours d’un incident consiste à le revoir mentalement et à le verbaliser dans ses moindres détails jusqu’à ce qu’il devienne neutre c’est-à-dire dépourvu d’affect.

(8) Dans les religions de guérison, la maladie a un sens large. Elle recouvre les troubles physiques et psychologiques, mais aussi les malheurs.

(9) Un clair est une personne qui a effacé tous ses engrammes.

(10) Ron Hubbard : Science de la survie, polycopié, 1951, p. 25.

(11) Idem p. 25.

(12) Echelle des tons : échelle qui montre les différents niveaux émotionnels d’une personne. Ces émotions sont, entre autres (de haut en bas), la sérénité, l’enthousiasme, le conservatisme, l’ennui, l’antagonisme, la colère, l’hostilité cachée, la peur, le chagrin, l’apathie. » Ron Hubbard : Science de la survie , polycopié, 1951, p. 10.

(13) Ron Hubbard : Scientologie. Introduction à l’Ethique, Copenhague, New Era,1989.p. 123-127.

(14) Ethique scientologique : somme des actions qui conduisent à la survie de l’homme, de l’humanité et de la civilisation. Les manquements à l’éthique sont les actes destructifs.

(15) L. Ron Hubbard : Le Pack des assists, Copenhague, New Era, 1984 ( lère éd. 1950), p. 8.

(16) Le pape a recommandé récemment l’onction des malades :  » Dans le sacrement de l’onction, il y a une force qui développe le courage et la capacité de résistance du malade. Elle produit la guérison spirituelle, libère le malade de ses fautes et elle lui obtient le salut ».

(17) Ron Hubbard : Tout sur les radiations, Copenhague, New Era, 1957, p.9.

(18) Anne-Cécile Bégot a recueilli ces confessions de Scientistes: « Vous savez, quand vous êtes dans une classe, qu’une mère vient vous voir pour un rhume de son enfant… on est baigné dedans ». Une autre « durant la période des rhumes, les gens le disent, et toi tu te laisses influencer et tu l’attrapes. Si tu ne te défends pas, tu risques de l’attraper ». Un jeune scientiste chrétien : « quand tu es devant la télévision, tu entends parler du sida. On te dit le nombre de cas enregistrés à l’hôpital, donc on demande aux Français de se comporter de telle façon. Ça t’influence, tu prends connaissance de la maladie et tu vas appliquer ce que t’a dit le journaliste ». Ou encore : je sais que depuis que je viens à l’org (organisation des « scientistes chrétiens » à l’université), ma pensée se rectifie; un jour, ma prof a dit « oui, c’est la fin du trimestre, je suis fatiguée », et moi je me suis dit « non merci, moi je ne pense pas pareil ».

(19) Max Weber dit au sujet de la contemplation qui conduit à l’expérience mystique : « La voie qui mène à l’illumination passe par la concentration de la pensée et éventuellement par d’autres moyens de salut. L’illumination consiste exclusivement dans la qualité unique du sentiment, c’est-à-dire en fait dans l’unité ressentie du savoir et de la conviction pratique, unité qui fournit au mystique l’assurance décisive de son état de grâce religieux ». Economie et Société, Paris, Plon, 1971, p. 558-559.

(20) Max Weber : Économie et société, Paris, Pion, 1971, p. 551, p.10.

(21) Claudine Herzlich : Santé et maladie. Analyse d’une représentation sociale, Paris, Mouton, 1969.

(22) Anne-Cécile Bégot Foi et Guérison, Le cas de la Science Chrétienne, mémoire de maîtrise sous la direction de C. Bernand, Paris X-Nanterre, 1992, p.11.

(23) Bmachtigungstrieb. Pour Bela Grunberger, qui a proposé la traduction « pulsion d’emprise », « Etude sur la relation objectale anale » in Le Narcissisme, Paris, Payot,1971, il s’agit d’une position fondamentale.

(24) À paraître.

(25) À l’exception du « poison malicieux » chez les « scientistes chrétiens », assez difficile à interpréter et de toute façon cause mineure du malheur dans la pratique actuelle.

(26) Max Weber: Ethique protestante et esprit du capitalisme, Paris, Pion, 1965, p. 12.

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