Par Régis Dericquebourg

Colloque national organisé par le Centre de formation et d’études judiciaires, auditorium Louis Edmond Pettiti de la maison du barreau, le 29 janvier 2003. Paru In Jean Marc Florand (ed.) : Les nouvelles formes du sentiment religieux : un défi pour la laïcité moderne ? Paris l’Harmattan, 2003. p. 143-167.

La population française et ceux qui la gouvernent ont assimilé à des degrés variables diverses innovations sociales. Nous pouvons citer quelques exemples. L’écologie considérée comme une préoccupation de passéistes opposés au progrès dans la décennie 1950-1960 a été acceptée par les politiciens chez qui elle devient une nécessité inscrite dans les programmes électoraux. L’homosexualité a cessé d’être vue comme un outrage à « l’ordre naturel ». L’union des homosexuels a été officialisée (Pacs) et la discrimination envers homosexuels est sanctionnée par les juges. Beaucoup de revendications féministes ont été prises en compte. L’objection de conscience a été admise. L’autonomie des adolescents est reconnue, l’interruption volontaire de grossesse a été légalisée et réglementée. Or, si la France comme d’autres pays a assimilé un nombre de pratiques sociales et d’opinions nouvelles, elle reste réticente, même parfois opposée à la présence de groupes religieux minoritaires (dits «sectes ») sur son sol, ce qui n’est pas neuf puisqu’on les historiens ont montrés qu’il en allait de même au Moyen Age (cf Norman Cohn, Christopher Hill…). Certes, on ne tue plus les croyants marginaux mais ils inquiètent toujours. Il suffit de faire une revue de presse sur le sujet pour s’en apercevoir et de compter le nombre de rapports parlementaires consacrés aux sectes parus depuis les années 1980-. Il suffit aussi de constater l’importance qu’ont pris les associations antisectes du point de vue de leur audience et de leur financement public.



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