
CES PROTESTANTS QUE L’ON DIT ADVENTISTES
Regis Dericquebourg, Fabrice Desplan
Sous la direction
Théologie et Vie politique de la terre
RELIGION SOCIOLOGIE EUROPE France
Reconnue pour ses principes de santé, ses pratiques proches du judaïsme, son goût pour la recherche scientifique et ses combats pour les droits de l’homme, l’Eglise Adventiste est une organisation qui interroge en France parce que peu connue. Forte de 11000 membres sur le territoire hexagonal auxquels s’ajoutent 33000 fidèles dans les DOM TOM, l’Eglise Adventiste du 7e jour est devenue membre de la Fédération protestante de France depuis mars 2006.
Fédération Protestante de France
Ce qu’ils en disent :
Fruit d’une journée d’études organisée au GSRL, dont ce blog s’était fait l’écho, un précieux ouvrage collectif est paru à la fin de l’année 2008.
Il est consacré à « Ces protestants que l’on dit adventistes ».
Cet ouvrage publié par les éditions L’Harmattan transcrit toutes les communications faites à l’occasion de cette journée d’étude du GSRL (programme « religions et religiosités minoritaires en ultramodernité »).
Histoire de rappeler que ces journées d’étude ne sont pas que « paroles, paroles paroles…. » mais qu’elles s’appuient sur un gros travail de recherche en amont, validé ensuite en aval par un ouvrage, qui permet de diffuser l’information et de faire avancer la connaissance !
Que Fabrice Desplan et Régis Dericquebourg, coordinateurs de la journée ET de sa publication, soient particulièrement remerciés pour ce beau volume collectif (qui rassemble notamment des contributions de Jean Baubérot, Jean-Paul Willaime, et un ultime apport de Jean Séguy…).
Nourri d’histoire, de sociologie et d’anthropologie, cet ouvrage important comble un vide.
Il constitue désormais un précieux instrument de travail pour quiconque entend comprendre l’adventisme (rattaché à la Fédération Protestante de France depuis 2006), réfléchir à ses implications sociales, et, au-delà, mieux percevoir, dans sa diversité, la palette protestante française à l’entrée du XXIe siècle.
Sébastien Fath
Mal connue, cette communauté protestante surprend par une lecture des textes bibliques et une manière de vivre la foi que ce livre nous invite à ne qualifier ni de fondamentaliste, ni de libérale. Un document essentiel, écrit par de grandes pointures du protestantisme hexagonal : Jean Baubérot, Jean-Paul Willaime, Sébastien Fath, entre autres, qui n’en sont pas à leur premier essai sur la sociologie et l’histoire religieuse. Loin d’être une apologie, mais refusant les amalgames et les raccourcis qu’une analyse scientifique ne favorise pas, cet essai sur l’adventisme pourra décevoir un paroissien en quête de justification et un lecteur à la recherche de munition pour dénigrer un minorité. Les autres y trouveront une substantielle documentation pour approfondir l’un des visages de la pluralité protestante.
Jean Luc Rolland
Ces Protestants que l’on dit adventistes – Une nouvelle recension du livre
28 septembre 09 -
La revue Libre Sens, bulletin du Centre protestant d’études et de documentation, publiait un article sur cet ouvrage dans son numéro 183 de mai-juin 2009, p. 6-7. Le regard de son auteur, Jean-Claude Widmann, se porte davantage vers la communauté adventiste que vers le livre publié par les chercheurs du CNRS à son sujet. Une lecture attentive de Ces Protestants aurait pu éviter quelques raccourcis. L’Eglise adventiste est loin d’être le seul fruit de la prédication de Miller, voire d’Ellen White. S’il y a bien une originalité adventiste, c’est dans la diversité de ses fondateurs, et non pas dans une unicité que l’on peut l’observer dans d’autres communautés protestantes. L’Eglise française se limiterait à 11000 « pratiquants », un chiffre que l’ouvrage discute à plusieurs reprises. La Faculté adventiste de théologie, en dépit de sa reconnaissance par d’autres facultés protestantes (Strasbourg, entre autres) et de la qualification de ses professeurs, docteurs de Strasbourg ou d’autres universités, devient sous la plume de l’auteur, le centre de formation de Collonges sous Salève. Son article est néanmoins écrit dans un esprit de bienveillance et de profond respect.
Ces Protestants que l’on dit adventistes
Sous la direction de Fabrice Desplan et Régis Dericquebourg
Paris, L’Harmattan, 2008, 250 p., 24,50 €
Ce livre rassemble les communications de dix sociologues et historiens, présentées en 2007 à l’occasion d’une journée d’étude sur l’Église adventiste qui venait d’entrer à la Fédération Protestante de France.
« L’Église adventiste du septième jour » est née au milieu du XIXe siècle dans le cadre de l’effervescence religieuse que produisirent alors, en milieu protestant, les mouvements de Réveil. Elle a pour origine un pasteur baptiste et millénariste, William Miller, qui avait prévu la fin du monde pour 1843. C’est après l’échec de cette prédiction que l’adventisme a commencé de prendre forme à partir des « visions » qu’une femme, Ellen White, a fait connaître à ses proches. Le mouvement est devenu religion établie autour de 1870 et a essaimé à travers le monde au XXe siècle. L’Église adventiste rassemble 11000 pratiquants en France métropolitaine et 33000 dans les DOM-TON où elle représente la minorité religieuse dominante. Elle a toute une organisation paroissiale, pastorale (avec un centre de formation à Collonges-sous-Salève, en Haute Savoie) des écoles, des associations caritatives.
A certains égards, les Adventistes sont proches des Évangéliques : une fois faite plus de convictions que de doutes, importance attachée à la conversion, congrégationalisme poussé. Mais ils s’en distinguent par la spécificité de certain croyances ou pratiques : attente fervente du « retour du Christ», respect du sabbat (« mémorial de l’amitié de Dieu»), à quoi s’ajoute l’étrange attention portée aux écrits de la prophétesse Ellen White. Ils s’en distinguent surtout par des prises de position d’un libéralisme inattendu. Il ne faut pas credo, disent-ils, parce que la Bible suffit et qu’il faut lasser à chaque génération la liberté d’adapter la bonne nouvelle aux conditions dans lesquelles elles vivent.
Deux préoccupations font la singularité de ce courant protestant longtemps méconnu. D’abord l’importance donné au souci de l’hygiène et de santé, avec l’idée très biblique de l’unité de la personne que est corps et esprit sans disjonction possible. Ainsi les fidèles sont-ils invités à s’abstenir d’alcool, de tabac et de viande. Ensuite le très vif souci de la liberté religieuse pour laquelle les Adventistes n’ont cessé de militer, ceci par conviction profonde, mais aussi pour contrer la propension de l’État à voir partout un danger de sectes.
Telles sont les données qui ont alimenté de réflexion des membres de la fédération Protestante de France au moment d’accepter ou non la candidature de l’Église adventiste. Si l’adhésion a pu finalement se faire c’est que les deux partenaires ont fait mouvement l’un vers l’autre, pas seulement pour des raisons de stratégie, mais aussi par conviction. Il fut alors officiellement admis que l’Église adventiste appartenait bien à la famille protestante. Ce livre éclaire utilement ceux qui savent peu des Adventistes. Plusieurs bibliographies permettent de pousser la recherche.
Jean-Claude Widmann

CROIRE ET GUÉRIR Quatre religions de guérison
En se penchant sur les rapports entre la religion et la santé, l’auteur a constaté que la santé, la maladie et la religion sont liées.
On trouve ces liens dans la plupart des grandes confessions (bouddhisme, catholicisme, hindouisme, islam, judaïsme, protestantisme, orthodoxie) mais chez elles, le traitement spirituel des maladies n’est qu’un élément périphérique ; il n’est ni le point de départ ni le pilier central d’une vie religieuse qui doit se préoccuper avant tout du salut de l’âme.
En revanche, certains groupes religieux minoritaires situent la dimension thérapeutique au premier plan de leur pratique et de leur doctrine, pour procurer à l’homme des bienfaits immédiats ici-bas même si le salut de l’âme reste une perspective. L’antoinisme, Invitation à la Vie, la Science Chrétienne et la Scientologie, qualifiées de » religions de guérison « , en sont des illustrations.
C’est à eux que Régis Dericquebourg consacre ce livre. Il décrit ces quatre éléments séparément pour faire ressortir l’originalité de chacun d’eux et pour démontrer comment certaines pratiques de soins spirituels sont étroitement liées à des cosmologies religieuses qui sont des univers de sens, sans préjuger de leur efficacité thérapeutique.
Préface de Jean Baubérot, Directeur de l’Ecole pratique des Hautes Études.Postface de Olivier-Louis Séguy, avocat à la cour d’appel de Paris, spécialiste de la liberté de conviction.
LES ANTOINISTES
Louis Antoine (1846-1912), ouvrier autodidacte wallon, un temps attiré par le spiritisme, rompit avec le catholicisme ambiant pour fonder une religion nouvelle basée sur une doctrine et des écritures monothéistes originales : le mal et la maladie viennent de la matière ; l’homme peut s’en débarrasser en prenant conscience de sa nature spirituelle. Le charisme et la réputation de thaumaturge du « Père Antoine » lui attirèrent beaucoup de sympathisants dans les couches populaires en voie de déchristianisation. Après la mort du « Père », son épouse, la « Mère », le relaya dans l’organisation de la nouvelle foi, largement décentralisée et dotée de rites fort sobres. Il existe ainsi en Wallonie et dans le Nord de la France une cinquantaine de temples antoinistes qui accueillent des fidèles, en nombre relativement restreint, mais aussi tous ceux qui cherchent un remède à leurs souffrances.
Maître de conférences en psychologie sociale à l’Université de Lille, Régis Dericquebourg a mené une enquête sur le terrain. Resituant l’antoinisme dans le cadre des religions de guérison dont il est spécialiste, il donne ici la première description systématique et impartiale de cette religion méconnue, dont il souligne l’extrême discrétion, explicite la doctrine, cite les textes principaux et dévoile le fonctionnement concret.

Poche: 125 pages
Editeur : Le Cerf (15 novembre 1988)
Collection : Bref
Langue : Français
ISBN-10: 220402984X
ISBN-13: 978-2204029841

