Georges Roux dit le Christ de Montfavet
Ce livre est une invitation à découvrir un enseignement qui répond de façon originale à des préoccupations très actuelles : l’écologie, les pratiques spirituelles de guérison, le goût pour l’ésotérisme.
Pour le commander : E.M.E. Editions
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Ces protestants que l’on dit Adventistes
Sous la direction de Fabrice Desplan et Régis Dericquebourg
L’Harmattan, 2008, 250 p., 24,50 €
Ce livre rassemble les communications de dix sociologues et historiens, présentées en 2007 à l’occasion d’une journée d’étude sur l’Église adventiste qui venait d’entrer à la Fédération Protestante de France.
« L’Église adventiste du septième jour » est née au milieu du XIXe siècle dans le cadre de l’effervescence religieuse que produisirent alors, en milieu protestant, les mouvements de Réveil. Elle a pour origine un pasteur baptiste et millénariste, William Miller, qui avait prévu la fin du monde pour 1843. C’est après l’échec de cette prédiction que l’adventisme a commencé de prendre forme à partir des « visions » qu’une femme, Ellen White, a fait connaître à ses proches. Le mouvement est devenu religion établie autour de 1870 et a essaimé à travers le monde au XXe siècle. L’Église adventiste rassemble 11000 pratiquants en France métropolitaine et 33000 dans les DOM-TOM où elle représente la minorité religieuse dominante. Elle a toute une organisation paroissiale, pastorale (avec un centre de formation à Collonges-sous-Salève, en Haute Savoie), des écoles, des associations caritatives.
A certains égards, les Adventistes sont proches des Évangéliques : une foi faite plus de convictions que de doutes, importance attachée à la conversion, congrégationalisme poussé. Mais ils s’en distinguent par la spécificité de certaines croyances ou pratiques : attente fervente du « retour du Christ », respect du sabbat (« mémorial de l’amitié de Dieu »), à quoi s’ajoute l’étrange attention portée aux écrits de la prophétesse Ellen White. Ils s’en distinguent surtout par des prises de position d’un libéralisme inattendu. Il ne faut pas de credo, disent-ils, parce que la Bible suffit et qu’il faut laisser à chaque génération la liberté d’adapter la bonne nouvelle aux conditions dans lesquelles elles vivent.
Deux préoccupations font la singularité de ce courant protestant longtemps méconnu. D’abord l’importance donnée au souci de l’hygiène et de la santé, avec l’idée très biblique de l’unité de la personne qui est corps et esprit sans disjonction possible. Ainsi les fidèles sont-ils invités à s’abstenir d’alcool, de tabac et de viande. Ensuite le très vif souci de la liberté religieuse pour laquelle les Adventistes n’ont cessé de militer, ceci par conviction profonde, mais aussi pour contrer la propension de l’État à voir partout un danger de sectes.
Telles sont les données qui ont alimenté la réflexion des membres de la Fédération Protestante de France au moment d’accepter ou non la candidature de l’Église adventiste. Si l’adhésion a pu finalement se faire c’est que les deux partenaires ont fait mouvement l’un vers l’autre, pas seulement pour des raisons de stratégie, mais aussi par conviction. Il fut alors officiellement admis que l’Église adventiste appartenait bien à la famille protestante. Ce livre éclaire utilement ceux qui savent peu des Adventistes. Plusieurs bibliographies permettent de pousser la recherche.
Compte-rendu de Jean-Claude Widmann, LS n°183, mai-juin 2009
Publié par LibreSens, revue bibliographique
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Ces protestants que l’on dit adventistes
P. David Roure
Paris, Éd. de L’Harmattan, coll. « Théologie et Vie politique », 2009. – (15,5×23,5), 250 p., 24,50 €.
Esprit & Vie n°221 – mars 2010, p. 57-58.
Cet ouvrage n’est pas à proprement dit une présentation synthétique de l’adventisme ; reprenant les Actes d’une journée d’études au sein du « Groupe sociétés, religions, laïcités » du CNRS le 3 mai 2007, il offre toute une série de monographies concernant le mouvement adventiste, dans une perspective sociologique qui fut celle d’un pionnier en la matière, Jean Séguy, dont l’ouvrage Les Assemblées anabaptistes-mennonites de France est « considéré aujourd’hui encore comme fondateur dans le domaine de la sociologie des minorités protestantes et des courants non conformistes et évangéliques » (p. 245) ; signalons d’ailleurs au passage que l’intervention, un peu improvisée, de Séguy (né en 1925) à cette journée du GSRL fut sa dernière intervention universitaire en public (il est mort quelques mois plus tard).
En fait, un certain nombre de contributions de cet intéressant ouvrage érudit tourne autour de la question de l’adhésion de l’Union des fédérations adventistes de France (UFA) à la Fédération protestante de France, qui fut définitive en 2000 après plusieurs années de probation. La troisième contribution (p. 89-97), celle du sociologue bien connu Jean-Paul Willaime, est d’ailleurs toute entière centrée sur cette question. Mais, auparavant, son jeune et non moins compétent collègue, Sébastien Fath, a brossé en quelques lignes précises et denses (p. 19-27) le portrait de la famille adventiste aujourd’hui, « forte de 14,5 millions de membres baptisés » dans le monde (p. 19), en insistant sur ce qui la rapproche et ce qui la distingue des autres familles protestantes. Bref, « l’Église adventiste se caractérise par un accent sur les prophéties, le respect du sabbat (le samedi), le retour-avènement du Christ (d’où son nom), et l’hygiène ascétique et la santé (renonciation à l’alcool, au tabac, à la viande de porc) ». Dans le chapitre suivant (p. 29-88), l’adventiste Jean-Luc Rolland, enseignant à la Faculté adventiste de théologie de Collonges-sous-Salève (Haute-Savoie), développe assez longuement la théologie adventiste, en particulier dans ses particularités eschatologiques. Enfin, dans un autre chapitre (p. 143-166), le chercheur Régis Dericquebourg, un des maîtres d’œuvre à la fois de la journée d’études et du présent ouvrage, maître de conférences à Lille-III, étudie de manière très intéressante une autre particularité majeure des adventistes, à savoir le charisme d’Ellen White (1827-1915), considérée comme une fondatrice de l’adventisme du septième jour, et la place donnée aujourd’hui aux écrits et à la pensée de cette femme au sein de la famille adventiste. Bref, cet ouvrage permettra à nombre de lecteurs de mieux connaître une communauté ecclésiale qui ne cesse de s’ouvrir actuellement aux autres chrétiens, catholiques y compris.
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CES PROTESTANTS QUE L’ON DIT ADVENTISTES
Regis Dericquebourg, Fabrice Desplan
Sous la direction
Théologie et Vie politique de la terre
RELIGION SOCIOLOGIE EUROPE France
Reconnue pour ses principes de santé, ses pratiques proches du judaïsme, son goût pour la recherche scientifique et ses combats pour les droits de l’homme, l’Eglise Adventiste est une organisation qui interroge en France parce que peu connue. Forte de 11000 membres sur le territoire hexagonal auxquels s’ajoutent 33000 fidèles dans les DOM TOM, l’Eglise Adventiste du 7e jour est devenue membre de la Fédération protestante de France depuis mars 2006.
Fédération Protestante de France
Ce qu’ils en disent :
Fruit d’une journée d’études organisée au GSRL, dont ce blog s’était fait l’écho, un précieux ouvrage collectif est paru à la fin de l’année 2008.
Il est consacré à « Ces protestants que l’on dit adventistes ».
Cet ouvrage publié par les éditions L’Harmattan transcrit toutes les communications faites à l’occasion de cette journée d’étude du GSRL (programme « religions et religiosités minoritaires en ultramodernité »).
Histoire de rappeler que ces journées d’étude ne sont pas que « paroles, paroles paroles…. » mais qu’elles s’appuient sur un gros travail de recherche en amont, validé ensuite en aval par un ouvrage, qui permet de diffuser l’information et de faire avancer la connaissance !
Que Fabrice Desplan et Régis Dericquebourg, coordinateurs de la journée ET de sa publication, soient particulièrement remerciés pour ce beau volume collectif (qui rassemble notamment des contributions de Jean Baubérot, Jean-Paul Willaime, et un ultime apport de Jean Séguy…).
Nourri d’histoire, de sociologie et d’anthropologie, cet ouvrage important comble un vide.
Il constitue désormais un précieux instrument de travail pour quiconque entend comprendre l’adventisme (rattaché à la Fédération Protestante de France depuis 2006), réfléchir à ses implications sociales, et, au-delà, mieux percevoir, dans sa diversité, la palette protestante française à l’entrée du XXIe siècle.
Sébastien Fath
Mal connue, cette communauté protestante surprend par une lecture des textes bibliques et une manière de vivre la foi que ce livre nous invite à ne qualifier ni de fondamentaliste, ni de libérale. Un document essentiel, écrit par de grandes pointures du protestantisme hexagonal : Jean Baubérot, Jean-Paul Willaime, Sébastien Fath, entre autres, qui n’en sont pas à leur premier essai sur la sociologie et l’histoire religieuse. Loin d’être une apologie, mais refusant les amalgames et les raccourcis qu’une analyse scientifique ne favorise pas, cet essai sur l’adventisme pourra décevoir un paroissien en quête de justification et un lecteur à la recherche de munition pour dénigrer un minorité. Les autres y trouveront une substantielle documentation pour approfondir l’un des visages de la pluralité protestante.
Jean Luc Rolland
Ces Protestants que l’on dit adventistes – Une nouvelle recension du livre
28 septembre 09 -
La revue Libre Sens, bulletin du Centre protestant d’études et de documentation, publiait un article sur cet ouvrage dans son numéro 183 de mai-juin 2009, p. 6-7. Le regard de son auteur, Jean-Claude Widmann, se porte davantage vers la communauté adventiste que vers le livre publié par les chercheurs du CNRS à son sujet. Une lecture attentive de Ces Protestants aurait pu éviter quelques raccourcis. L’Eglise adventiste est loin d’être le seul fruit de la prédication de Miller, voire d’Ellen White. S’il y a bien une originalité adventiste, c’est dans la diversité de ses fondateurs, et non pas dans une unicité que l’on peut l’observer dans d’autres communautés protestantes. L’Eglise française se limiterait à 11000 « pratiquants », un chiffre que l’ouvrage discute à plusieurs reprises. La Faculté adventiste de théologie, en dépit de sa reconnaissance par d’autres facultés protestantes (Strasbourg, entre autres) et de la qualification de ses professeurs, docteurs de Strasbourg ou d’autres universités, devient sous la plume de l’auteur, le centre de formation de Collonges sous Salève. Son article est néanmoins écrit dans un esprit de bienveillance et de profond respect.
Ces Protestants que l’on dit adventistes
Sous la direction de Fabrice Desplan et Régis Dericquebourg
Paris, L’Harmattan, 2008, 250 p., 24,50 €
Ce livre rassemble les communications de dix sociologues et historiens, présentées en 2007 à l’occasion d’une journée d’étude sur l’Église adventiste qui venait d’entrer à la Fédération Protestante de France.
« L’Église adventiste du septième jour » est née au milieu du XIXe siècle dans le cadre de l’effervescence religieuse que produisirent alors, en milieu protestant, les mouvements de Réveil. Elle a pour origine un pasteur baptiste et millénariste, William Miller, qui avait prévu la fin du monde pour 1843. C’est après l’échec de cette prédiction que l’adventisme a commencé de prendre forme à partir des « visions » qu’une femme, Ellen White, a fait connaître à ses proches. Le mouvement est devenu religion établie autour de 1870 et a essaimé à travers le monde au XXe siècle. L’Église adventiste rassemble 11000 pratiquants en France métropolitaine et 33000 dans les DOM-TON où elle représente la minorité religieuse dominante. Elle a toute une organisation paroissiale, pastorale (avec un centre de formation à Collonges-sous-Salève, en Haute Savoie) des écoles, des associations caritatives.
A certains égards, les Adventistes sont proches des Évangéliques : une fois faite plus de convictions que de doutes, importance attachée à la conversion, congrégationalisme poussé. Mais ils s’en distinguent par la spécificité de certain croyances ou pratiques : attente fervente du « retour du Christ», respect du sabbat (« mémorial de l’amitié de Dieu»), à quoi s’ajoute l’étrange attention portée aux écrits de la prophétesse Ellen White. Ils s’en distinguent surtout par des prises de position d’un libéralisme inattendu. Il ne faut pas credo, disent-ils, parce que la Bible suffit et qu’il faut lasser à chaque génération la liberté d’adapter la bonne nouvelle aux conditions dans lesquelles elles vivent.
Deux préoccupations font la singularité de ce courant protestant longtemps méconnu. D’abord l’importance donné au souci de l’hygiène et de santé, avec l’idée très biblique de l’unité de la personne que est corps et esprit sans disjonction possible. Ainsi les fidèles sont-ils invités à s’abstenir d’alcool, de tabac et de viande. Ensuite le très vif souci de la liberté religieuse pour laquelle les Adventistes n’ont cessé de militer, ceci par conviction profonde, mais aussi pour contrer la propension de l’État à voir partout un danger de sectes.
Telles sont les données qui ont alimenté de réflexion des membres de la fédération Protestante de France au moment d’accepter ou non la candidature de l’Église adventiste. Si l’adhésion a pu finalement se faire c’est que les deux partenaires ont fait mouvement l’un vers l’autre, pas seulement pour des raisons de stratégie, mais aussi par conviction. Il fut alors officiellement admis que l’Église adventiste appartenait bien à la famille protestante. Ce livre éclaire utilement ceux qui savent peu des Adventistes. Plusieurs bibliographies permettent de pousser la recherche.
Jean-Claude Widmann

CROIRE ET GUÉRIR Quatre religions de guérison
En se penchant sur les rapports entre la religion et la santé, l’auteur a constaté que la santé, la maladie et la religion sont liées.
On trouve ces liens dans la plupart des grandes confessions (bouddhisme, catholicisme, hindouisme, islam, judaïsme, protestantisme, orthodoxie) mais chez elles, le traitement spirituel des maladies n’est qu’un élément périphérique ; il n’est ni le point de départ ni le pilier central d’une vie religieuse qui doit se préoccuper avant tout du salut de l’âme.
En revanche, certains groupes religieux minoritaires situent la dimension thérapeutique au premier plan de leur pratique et de leur doctrine, pour procurer à l’homme des bienfaits immédiats ici-bas même si le salut de l’âme reste une perspective. L’antoinisme, Invitation à la Vie, la Science Chrétienne et la Scientologie, qualifiées de » religions de guérison « , en sont des illustrations.
C’est à eux que Régis Dericquebourg consacre ce livre. Il décrit ces quatre éléments séparément pour faire ressortir l’originalité de chacun d’eux et pour démontrer comment certaines pratiques de soins spirituels sont étroitement liées à des cosmologies religieuses qui sont des univers de sens, sans préjuger de leur efficacité thérapeutique.
Préface de Jean Baubérot, Directeur de l’Ecole pratique des Hautes Études.Postface de Olivier-Louis Séguy, avocat à la cour d’appel de Paris, spécialiste de la liberté de conviction.
LES ANTOINISTES
Louis Antoine (1846-1912), ouvrier autodidacte wallon, un temps attiré par le spiritisme, rompit avec le catholicisme ambiant pour fonder une religion nouvelle basée sur une doctrine et des écritures monothéistes originales : le mal et la maladie viennent de la matière ; l’homme peut s’en débarrasser en prenant conscience de sa nature spirituelle. Le charisme et la réputation de thaumaturge du « Père Antoine » lui attirèrent beaucoup de sympathisants dans les couches populaires en voie de déchristianisation. Après la mort du « Père », son épouse, la « Mère », le relaya dans l’organisation de la nouvelle foi, largement décentralisée et dotée de rites fort sobres. Il existe ainsi en Wallonie et dans le Nord de la France une cinquantaine de temples antoinistes qui accueillent des fidèles, en nombre relativement restreint, mais aussi tous ceux qui cherchent un remède à leurs souffrances.
Maître de conférences en psychologie sociale à l’Université de Lille, Régis Dericquebourg a mené une enquête sur le terrain. Resituant l’antoinisme dans le cadre des religions de guérison dont il est spécialiste, il donne ici la première description systématique et impartiale de cette religion méconnue, dont il souligne l’extrême discrétion, explicite la doctrine, cite les textes principaux et dévoile le fonctionnement concret.

Poche: 125 pages
Editeur : Le Cerf (15 novembre 1988)
Collection : Bref
Langue : Français
ISBN-10: 220402984X
ISBN-13: 978-2204029841
Par Régis Dericquebourg
Après la publication de Religions de guérison, l’Evénement du Jeudi a publié ceci :
« Et le pouvoir des mages ?
Il y a des jours où il faudrait ranimer le vieil anticléricalisme. Pourtant les athées militants qui affirment la non-existence de Dieu, et les matérialistes endurcis qui ne veulent pas voir qu’aujourd’hui au niveau subatomique la matière paraît aussi impondérable que la pensée excitent mon esprit de contradiction. Mais les anathèmes contre les capotes, les films de Scorcèse et Chabrol (et hier les dessins de mes trois petits cochons), sans parler des ayatollahs et des rabbins aux couteaux entre les dents, et même des bouddhistes violents (un comble) à Ceylan, tous ces fanatiques, nous obligent à rappeler que, dès qu’on quitte le rapport intime solitaire mystique avec le Tout, l’Un, Dieu et qu’on passe par les clergés, ces intermédiaires douteux, dès qu’il y a deux croyants quelque part, les guerres de religions commencent.
Tout ça pour vous dire que j’ai ouvert avec effarement Religions de guérison publié par la très chrétienne maison d’édition du Cerf (des Dominicains, je crois) : une complaisante présentation des Antoinistes, de la Science chrétienne et de l’Eglise ( !) de Scientologie. La vigilance des bons pères aurait-elle été trompée. Eh bien non. C’est moi athée sournois, qui ne comprenais pas, et l’éditeur pour m’éclairer de m’envoyer Sectes nouvelles (1985) avec Moon en couverture et les sectes (1987) de F. Mayer. Et là la moutarde me monte au nez. C’est qu’ils sont tous récupérés par le Très Saint Esprit les Moon, Hare Krishna, Rajnesh, Ron Hubbard si dévots qu’on ose révéler qu’ils ont tous des démêlés avec le fisc et que certains n’ont pas échappé à la prison (ce doit être une forme de saint martyre). La bienveillance de l’auteur s’étend même aux Enfants de Dieu (devenus la Famille d’amour) dont le prophète américain « le Père David » prône le flirty fishing, la prêche des âmes par le flirt »… très poussée, ce qui abouti à des condamnations pour proxénétisme, la prostitution permettant d’alimenter le denier du cul(te). On peut se demander dans quelle mesure l’intérêt financier ne serait pas devenu l’enjeu capital de cette curieuse forme de prosélytisme » écrit l’auteur qui ajoute que là il ne peut pas pénétrer dans le secret des consciences des membres et des dirigeants » (sic). Conclusion : « On ne peut nier la présence d’une indiscutable motivation religieuse » (resic).
La clé de cette confraternité elle est dans la préface à Sectes nouvelles. M. Émile Poulat du CNRS écrit ; « Au regard d’intraitables adversaires athées et militants, laïcistes, anticléricaux, l’Eglise (catholique) reste une secte qui a su réussir ». Et depuis toujours, « les minorités religieuses » ont été accusées de subversion, malversation financières, pratiques de magie noire et déviances sexuelles. Le comique c’est que dans certains pays les sectes qui parviennent à se faire connaître comme religions ont des exonérations d’impôts. Mais il y a toujours des aigris pour faire des procès et obtenir le remboursement par l’Eglise de la scientologie des sommes énormes qu’ils ont versées en vain puisque visiblement, ils n’ont pas réussi à atteindre l’état de « clair » ou de « thétan » grâce aux « audits » et autres électromètres qui remplacent Lourdes.
En France, une voiture marquée du sceau « Dianétique » a roulé aux 24 Heures du Mans sans que la CNCL s’en offusque mais il est vrai que son dernier acte a été d’autoriser une station de radio Rose+Croix à Lyon.
Dans les années 1970 avait paru chez Hachette une excellente étude Les sectes de Bryan Wilson : il dénombrait plus de 500 sectes aux USA. Leurs prédicateurs TV devenus des stars ont défrayé la chronique des faits divers l’an dernier (sexe et fisc). C’est depuis ce livre que je suis convaincu que la lutte des sectes est plus importante que la lutte des classes (au Japon une secte est le troisième parti le plus important) et que le nazisme n’a pas pris que pour des raisons économiques et politiques.
Le pouvoir intellectuel reste bien faiblard face au pouvoir magique. Pour parodier les vaticinations de Malraux, le XXI me siècle sera-t-il superstitieux ou ne sera-t-il pas ?
P.S. : La menace cléricale grandit. Un roman de Salman Rushdie est brûlé dans une ville anglaise, et retiré de la célèbre chaîne de librairies Smith. »
Michel Polac
Cet article est extrait de l’Evénement du Jeudi du 2 au 8 février 1989 (p.97) un hebdomadaire dont le fondateur est un homme spécialiste de tout. L’auteur : Michel Polac a eu son heure de gloire en animant une émission « Droit de réponse » qui consistait à laisser une dizaine de braillards s’affronter sur un plateau de télévision à propos d’un sujet quelconque, souvent vraiment quelconque. Politiquement il peut être considéré comme ce que certains appellent « un social-traître » si l’on considère qu’il s’est rallié au gouvernement d’union de la gauche. Il le confirme ici en disant que la lutte des sectes est plus importante que la lutte des classes, ce qui est quand même surprenant. Encore plus surprenant quand on lit l’article à la lumière de l’actualité de 2010-1011 : période marquée par ce que Marx avait prévu : l’arrivée d’un temps où les banques dictent leur loi aux États.
D’autre part, le grand sociologue Bryan Wilson qu’il cite à l’appui de sa démonstration est l’auteur d’une expertise de l’Eglise de la Scientologie dans laquelle il affirme que ce mouvement présente bien les caractéristiques d’une religion.
Pour le reste, mon ami Pierre à qui j’ai montré l’article m’a dit que c’est l’exemple même d’un article malveillant dans lequel l’auteur tire toutes les sonnettes.
Pour connaître un peu mieux Michel Polac on peut se reporter au web. Il y est mentionné de nombreuses fois notamment à propos d’un litige avec Daniela Lumbroso.


