An amazing document.

A letter from Philippe Levallois,
Catholic catechist in Strasbourg (France)
January, 1993, 27.

To M. Bernard Blandre, directeur du bulletin “Mouvements religieux” (in which Régis Dericquebourg wrote some years ago.)

Translation :

Un appel téléphonique tout récent m’a appris que l’un des collaborateurs de “Mouvements religieux”, M. Régis DERICQUBOURG serait membre de l’Eglise de Scientologie. Qu’en est-il exactement ? J’ai pu lire dans le récent dossier qu’il a réalisé qu’il préparait une étude sur « L’Eglise de la Scientologie », mais en est-il vraiment membre ? Il est clair que je ne veux pas m’immiscer dans la vie privée de cette personne, mais cette appartenance, si elle est vérifiée, est-elle compatible avec le souci d’objectivité et d’impartialité auquel veut tendre « Mouvement religieux ».
Je vous serai très reconnaissant de bien vouloir m’apporter quelques éclaircissements si cela vous est possible.

Je vous remercie pour votre attention et vous prie, cher Monsieur, de croire à l’expression de mes sentiments respectueux.

 

***

Ce livre de Régis Dericquebourg nous fait prendre contact avec un monde que nous côtoyons (à en juger par les données épidémiologiques qu’il nous fournit), mais que nous ne connaissons guère : l’univers des religions minoritaires qui proposent des « cures spirituelles du corps et du psychisme ».
Les trois religions de guérison étudiées de pertinence par l’auteur (« l’Antoinisme », la « Science Chrétienne » et la « Scientologie ») font l’objet d’une présentation détaillée qui reprend leur histoire, leurs principes et leur développement actuel.
Leur analyse est à la fois historique, épistémologique et sociologique, mais l’auteur joint à ces éléments des données quantitatives sur les institutions, leurs fidèles et leurs positions.
« L’Antoinisme » est sans doute la plus méconnue de ces trois religions, à la fois pour les motifs historiques (il date du début du siècle) et des raisons de structure (le culte charismatique voué au « père » Louis Antoine confronte le mouvement, lors de la mort du leader, à une réorganisation sous la forme d’une fédération). Mais la « Christian Science » de Mary Baker Eddy et « Scientologie » de Ron Hubbard nous sont plus présentes à l’esprit.

On ignore cependant que la « Christian Science » compte en France 7 églises et 9 sociétés et que la « Scientologie » y regroupe environ 20 000 membres. Malgré des différences, ces religions ont cependant en commun une conception de la guérison à partir d’une régénération morale ou psychologique, un cérémonial réduit, une importante formation religieuse qui peut être immédiatement appliquée à soi-même.
L’intérêt particulier de ces trois religions réside dans le rapport qu’elles entretiennent avec la maladie. En effet, R. Dericquebourg montre bien que, d’une part, un des motifs fréquents d’adhésion est la guérison personnelle, et que d’autre part, la guérison est un des principaux soucis de leurs fondateurs, qui, eux-mêmes, ont souffert de troubles que l’activité religieuse a fait disparaître.
Ces religions opèrent donc à partir de la souffrance et ne semblent pas dépourvues d’effets sur les patients auxquels elles fournissent une signification religieuse de leurs troubles et une initiation. Cet aspect est particulièrement intéressant dans la mesure où il pose le double problème de l’opération de guérison du sujet et de la nature des liens qui existent à l’intérieur de ces religions. R. Dericquebourg fait du transfert sur le thérapeute et institution le ressort de l’adhésion, perspective qui se situe dans la ligne des conceptions freudiennes de « psychologie des foules et analyse du moi » et qui pose la question des rapports entre l’analyse du transfert et la Weltanschauung. Mais il souligne aussi le rapport possible entre l’existence de ces religions et la dimension « impersonnelle » de la médecine moderne.
Ce livre fort intéressant ne peut manquer d’amener les différents thérapeutes du domaine de la souffrance psychique à s’interroger sur ce qui les démarques – eux (en tant que sujets) et leurs pratiques – des thérapeutes de ces religions et sur la place que notre pratique, nos idéaux thérapeutiques, notre savoir, occupent dans les remaniements actuels de notre culture.

Docteur J.L. Pedinielli (Amiens)