Communication faite au colloque consacré à l’étude de la notion de « Manipulation mentale » organisé par le Cesnur France (Centre d’Etudes des Nouvelles religions), le vendredi 25 avril 1997.

Par Régis Dericquebourg

Les associations d’opposants aux sectes ont rassemblé à l’origine des familles dont les enfants avaient renoncé aux études et qui ne donnaient plus de nouvelles parce qu’ils avaient adhéré à un groupe religieux minoritaire. Quand la rencontre était possible, la communication s’avérait difficile. On comprend l’inquiétude que cela suscitait. On comprend aussi qu’elles aient eu envie de se rassembler pour récupérer un des leurs. On comprend aussi que des personnes se soient inquiétées du sort des enfants dans certaines communautés. Rien, pas même une croyance, ne justifie la négligence de soins. Enfin, c’est la règle même d’une société démocratique : des associations peuvent se constituer pour défendre des intérêts légitimes ou pour susciter un débat, Ce fut le cas des libres-penseurs qui, dans le passé, se sont regroupés pour débattre à la fois de la religion et des sectes et mais qui, en défenseur du pluralisme des idées, dénoncent à l’occasion le harcèlement que subissent celles-ci (cf. Mouvements religieux n° 171 – juillet 1994).

Les mouvements d’opposants aux groupes religieux minoritaires auraient pu emprunter la voie du débat d’idées, de la négociation ou de la médiation. Nous saurons peut- être un jour s’ils l’ont tentée et si elle a échoué. L’hypothèse est possible. Nous constatons qu’ils ne le font pas.

Très rapidement, les mouvements d’opposition aux sectes et les groupes religieux minoritaires ont entretenu des relations conflictuelles. Très vite, les premiers ont tenté de comprendre le fait religieux minoritaire c’est-à-dire dans leur vocabulaire : le phénomène des sectes.

Les connaissances universitaires sur la question ont été écartées, peut-être à cause de la difficulté des écrits, peut-être aussi parce que les travaux des sociologues n’étaient pas à la mesure de leur indignation.

Depuis vingt ans on assiste à l’élaboration d’un savoir à propos des sectes sur la base de la condamnation. D’abord, balbutiante, la production semble avoir trouvé son rythme : de temps en temps paraît un ouvrage grand public, un récit autobiographique et maintenant des ouvrages à prétention scientifiques.



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